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Fléminisme

Féministe ou fléministe?
Albin, papa x2, nous partage ses tergiversations.

Je suis féministe.
Mais pas vraiment dans la revendication (c’est pas dans mon caractère de revendiquer).
Quand on me demande si je suis féministe la réponse est évidente, mais de là à revendiquer mon féminisme… Car c’est facile de dire « oui évidemment », c’est plus dur de partager ses convictions et de les afficher.
Donc, je suis plutôt fléministe.

Sauf qu’il y a quatre ans, je suis devenu papa pour la première fois. Et que l’embryon fécondé a décidé de devenir un bébé de sexe féminin.

Du coup, être féministe et le dire est devenu beaucoup plus important pour moi.

Parce que ma fille, elle, elle va l’hériter cette situation ubuesque où, quand ta carte vitale commence par un 2, t’es payée 30% de moins, tu te tapes des gros lourds dans le métro, et si y’en a un qui t’agresses t’es quand même un peu responsable parce que bon, t’as des seins/des jambes/des vêtements… rayez la mention inutile.

Ainsi, dans son éducation n’ai-je vraiment que deux choix qui s’offrent à moi ?
L’enfermer. “C’est trop dangereux dehors.”
Lui dire de faire ce qu’elle veut. “C’est dehors qu’ils sont cons.”

Dans les deux cas, quelles que soient les armes que tu veux lui donner, elle sera perfusée par le reste du monde pour aimer les princesses, le rose et les petits animaux.
Pour le moment ma fille n’a que 4 ans, je n’ai donc pas vraiment encore remarqué la limitation de ses droits. Pas eu l’occasion de m’énerver sur son manque d’opportunités (sauf sur les robes, c’est trop galère pour apprendre à marcher). Tout va bien.

Puis là patatras, me voilà papa une deuxième fois et d’un futur mec ! Je dis futur parce qu’il a 3 mois et que niveau « virilité » il n’y est pas. Même s’il m’a pissé dessus deux fois.

Alors quelle sera son éducation à lui ?
Sera-t-il un futur mec trop heureux de jouir de ses droits étendus sur ceux de ses voisines ? Lui dire d’ores et déjà qu’il est l’oppresseur ? T’es gentil mais là il oppresse pas mal mes heures de sommeil, mais pas plus. Quoi faire ? j’en sais encore rien, mais je me pose la question. Et vu que je suis d’humeur à faire du dadsplaining je crois que c’est ça ma solution !

J’essaie de me poser la question de cette discrimination quand j’ai un réflexe ou un a priori.

J’espère dans le futur que mes gosses le feront aussi, qu’ils se méfieront des réponses et qu’ils se poseront les questions.

Ah et aussi quelque chose a changé. Je n’hésite plus à exprimer mes convictions sur ce sujet, même si ça brusque un peu mes interlocuteurs et que je m’en passerai bien (le flemme quoi).

Laisser passer c’est accepter, réagir c’est ouvrir les autres à la possibilité d’un autre point de vue.

 

Par Albin Barry

Albin est concepteur-rédacteur freelance et vit à Bruxelles.