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L’affiche d’octobre par Ece Ciftçi

Illustration par Ece Ciftçi :
Ece Ciftçi a illustré le poster du mois offert avec la surprise d’octobre. Découvrez son interview :

 

1. Peux-tu nous dire quelques mots sur toi et ton parcours ?

Je suis graphiste, illustratrice et auteure de livre pour enfants. J’ai grandi à Istanbul et déménagé aux Etats-Unis pour aller à l’université. J’ai étudié la psychologie et l’art (avec une majeure en photographie) à l’université de Virginie. Après l’université, je savais que je voulais faire un travail créatif. Je pensais que la publicité pouvait être un secteur intéressant car j’ai toujours aimé trouver des idées. Ensuite, j’ai vécu à San Francisco et à New York où j’ai travaillé dans des agences en tant que directrice artistique. Comme l’ambiance de travail y était très prolifique, j’ai commencé à faire des petits projets à côté pour garder le rythme. Et ce sont ces petites créations quotidiennes qui m’ont permis de découvrir ma passion pour la création de personnages, l’illustration et l’écriture. J’essaie de saisir la joie et l’absurde de la nature humaine à travers le jeu. Puis je suis retournée à Istanbul et suis alors devenue freelance à temps plein. Maintenant, je partage mon temps entre du graphisme, du branding et de l’illustration. 

 

2. D’où as-tu puisé l’inspiration pour ton illustration « Finale Season » ?

J’ai créé l’illustration « Finale Season » (« Dernière saison ») juste après la fin de l’été. Je m’amusais à dessiner des cônes de glaces. Comme j’adore dessiner des visages sur presque tout, ça a été un heureux accident de trouver un lien entre la glace à la vanille fondante et un fantôme. L’été arrivait à sa « mort » et son esprit apparaissait …

 

3. Tu as écrit et dessiné un livre pour enfants appelé « Nonanimals ». Qu’est-ce qui t’as poussée à te lancer dans ce projet ?

J’ai toujours voulu réaliser un livre illustré. Mon livre s’appelle “Yokhayvanlar” en turc. Traduit en anglais par “Nonanimals” – Des animaux qui n’existent que dans notre imagination. Ils peuvent surgir de partout une fois qu’on les regardent. Ils s’appellent “Nubinghi, Buchachua, Trigogon…” C’est un gros livre plein de jeux de mots. J’ai essayé ce genre de personnages dans un projet perso alors que je travaillais à plein temps.. En devenant freelance, j’ai enfin pu avoir le temps et l’espace mental disponible dont j’avais besoin pour pouvoir développer l’histoire et les illustrations. Le livre a été publié en juin 2018 par un de mes éditeurs favoris en Turquie – Can Çocuk! Je suis très heureuse de vous dire qu’il a été présenté au festival international du livre pour enfants à Nami Island, en Corée du Sud !

 

4. Qu’est-ce que tu rêvais de faire quand tu étais petite ?

Je pense que j’ai toujours voulu faire quelque chose en relation avec les arts visuels. Enfant je n’avais pas ce langage “visuel” mais j’ai toujours été attirée par le côté créatif des choses. Un jour, j’ai eu l’idée de devenir chocolatière et de vivre dans les montagnes. Qui sait, peut-être que je réaliserai ce rêve dans le futur ?

 

5. Peux-tu nous parler de ton souvenir d’enfance préféré ?

Quand j’étais enfant, nous avions une petite cabane que mon père avait construit dans les montagnes, dans le nord de la Turquie. Même si j’ai grandi à Istanbul, j’étais chanceuse de faire partie d’une famille qui aime être dans la nature. Nous avons passé beaucoup de temps là-bas, à skier, faire de la luge, jouer, passer notre temps avec les amis et la famille. Je chéris ces souvenirs d’une époque plus simple et je me sens chanceuse que cette expérience soit encore une très grande partie de moi.

 

6. Quel est ton souhait pour le futur de la planète ?

J’espère qu’en tant qu’humain nous prendrons plus de responsabilité vis-à-vis de la planète sur laquelle nous vivons. Nous sommes simplement des humains vivant sur une planète (qui n’était pas la nôtre au début) mais il semble que nous sommes toujours coincés sur ce qui nous sépare plutôt que sur ce qui nous unit.
Je crois que pour penser grand, nous devrions commencer par faire petit. Si nous pouvions tous travailler à faire une pause entre nos pensées et nos actions, avoir le courage d’affronter et d’accepter notre propre obscurité et d’assumer nos responsabilités en agissant sans perdre espoir, cela pourrait conduire à un changement dans la bonne direction.
Bien sûr, c’est plus facile à dire qu’à faire et c’est un travail quotidien pour chacun de nous.

 

 

@ececiftci
Site de l’artiste